CCMW's Letter To The Premier Regarding Bill 62

Date: November 17, 2017 Author: ocsco@ocsco.ca Categories: OCSCO News
Back

 

October 23, 2017

The Honourable Philippe Couillard
Premier of Quebec
Mercier Building, 3rd floor
835 boul. Rene-Levesque East
Quebec, G1A 1B4

Re: BILL 62

Dear Premier,

We, the Canadian Council of Muslim Women (CCMW), are committed to the equality, equity and empowerment of all Canadian Muslim women.

We are concerned about your government’s passage of Bill 62, which is inappropriately named “Religious Neutrality.” The Bill targets some Muslim women in the guise of security, identification, and communication. There is nothing “neutral” about this Bill. It discriminates against a specific group of women who cover their faces. The law will prevent them from being employed by the public sector, nor will they receive any public services, including the ability to use public transit.

Besides the difficulties of how you intend to implement this, you will legitimize harassment and isolation of some women, which will make life more difficult for them. Women who wear the niqab have for years been willing to be identified, as they too believe in safety and security. However, what is shocking is your comment that:

“You should see my face and I should see yours.” What would you say to a blind person who cannot see your face? What about communication via the telephone? The point is that communication does not necessarily depend on seeing each other’s faces.

Please reconsider your position based on a correct definition of Laicite and on human rights. What you are doing is in contradiction to both Laicite/Secularism and the Universal Declaration of Human Rights. The role of the State is to ensure that every citizen’s rights are protected so that each can practice her faith freely and not face discrimination, especially, from the State itself. Laicite means the State should be impartial, neutral in matters of religion, while protecting the rights of their citizens to freely practice their faith, not depriving them.

We are saddened and disappointed that you would do this when you were so compassionate about the murders of Muslims at the Quebec City mosque. Why this change towards Muslims, especially Muslim women?

Your actions will further exacerbate the discrimination and racism facing Quebecois Muslims and will put the women at greater risk.

Please note that the Supreme Court of Canada made a ruling in Bruker v. Marcovitz, 2007 SCC 54, that it is up to the individual to define and practice her religiosity, and not according to anyone else, whether religious or political leaders.

Please reconsider; it is the mark of a great man to acknowledge mistakes. As Goethe said, “A good man apologizes for the mistakes of the past, but a great man corrects them.” We look forward to hearing from you.

Yours sincerely,

Nuzhat Jafri, President
Alia Hogben, Executive Director

-------------------------------------------------------------------------------------------------------- 


Le 23 octobre 2017

À l’honorable Philippe Couillard
Premier ministre du Québec
Édifice Mercier, 3e étage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec, G1A 1B4


Objet: LOI 62

Monsieur le Premier ministre,

Nous, Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM), œuvrons pour l’égalité, l’équité et l’autonomisation de toutes les femmes canadiennes musulmanes.

Nous nous inquiétons de l’adoption de la loi 62 par votre gouvernement, appelée à tort « Neutralité religieuse ». Cette loi vise des femmes musulmanes, sous le couvert de la sécurité, de l’identification et de la communication. Il n’y a rien de « neutre » à propos de cette loi. Elle est discriminatoire envers un groupe précis de femmes, qui se couvrent le visage. La loi les empêchera d’être employées par le secteur public, et elles ne recevront plus le moindre service public, incluant l'utilisation des transports en commun.

Outre les difficultés liées à la manière dont vous comptez appliquer cette mesure, vous légitimerez le harcèlement et l’isolement de certaines femmes, ce qui leur rendra la vie plus difficile. Depuis des années, les femmes qui portent le niqab sont prêtes à se laisser identifier car elles croient, elles aussi, en la sûreté et la sécurité. Mais ce qui est choquant, c’est votre commentaire selon lequel :

« Vous me parlez, je vous parle, je vous vois le visage, vous voyez le mien. Ça fait partie de la communication. » Que diriez-vous à une personne aveugle qui ne peut pas voir votre visage? Et que dire des communications au téléphone? Le fait est que la communication ne dépend pas forcément de la possibilité de voir le visage de l’un et de l’autre.

Nous vous prions de reconsidérer votre position en fonction d’une définition correcte de la laïcité et des droits de la personne. Vos actions sont en contradiction avec la laïcité/le sécularisme et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le rôle de l’État est de garantir que les droits de chaque citoyenne et citoyen sont protégés, pour lui permettre de pratiquer sa foi librement, sans s’exposer à la discrimination, en particulier celle de l’État. La laïcité signifie que l’État devrait être impartial, neutre en matière de religion, tout en protégeant les droits de ses citoyens à pratiquer librement leur foi, et non pas à les en priver.

Nous sommes attristées et déçues que vous fassiez ceci, alors que vous avez montré tant de compassion lors des meurtres de musulmans à la mosquée de la Ville de Québec. Pourquoi ce changement envers les musulmans, en particulier envers les femmes musulmanes?

Vos actes exacerberont plus encore la discrimination et le racisme auxquels les musulmans du Québec sont confrontés, et ils mettront les femmes en plus grand danger.

Veuillez noter que la Cour suprême du Canada a statué dans l’affaire Bruker c. Marcovitz, 2007 CSC 54, qu’il appartient à une personne de définir et de pratiquer sa foi, et non pas à quiconque d’autre, aussi bien dirigeants religieux que politiques.

Nous vous prions de reconsidérer cette mesure. Reconnaître ses erreurs est la marque d’un grand homme. Comme le disait Goethe : « Un homme bon s’excuse des erreurs du passé, mais un grand homme les corrige. » En vous remerciant d’avance de votre réponse, nous vous prions d’accepter, Monsieur le premier Ministre, nos sincères salutations.


Nuzhat Jafri, President
Alia Hogben, Executive Directo